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Je pense être une femme de coeur, fidèle à mes convictions et à mes amis, et bien décidée à saisir toutes les opportunités de la vie.

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Chers amis du monde entier,
Bienvenue sur mon Bloc Nat, un espace de découverte et de partage.
J'ai conçu ce blog comme un mille feuille de mes passions, à la fois musée et bibliothèque virtuels et vivants, mais aussi reflet du regard que je porte sur les choses de la vie.
Mon objectif ? Vous communiquer mon désir et mon plaisir d'apprendre...au-delà des frontières.

Dear all,
Welcome on my Bloc Nat, a special space for shared discoveries.
I created this blog as a "mille feuille" of my passions, both virtual museum and library. It's also the way I look at things in life. My goal is to inform you of my desire and my love of learning... beyond borders. Enjoy with me !

dimanche 7 août 2016

J'ai lu pour vous Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier de Patrick Modiano

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier
de Patrick Modiano



Ce titre semble nous conduire dans un univers enfantin...à moins que ce ne soit plutôt celui de la mémoire flottante d'une vieillesse inéluctable...
Modiano aborde une fois encore, dans ce roman,  des thèmes qui lui sont chers : le temps qui passe, l'importance des origines, l'amour maternel, la mémoire.

Qui est donc ce Jean Daragane que les sonneries d'un téléphone insistant semblent sortir d'une torpeur atemporelle ?

"J'aimerais parler à M. Jean Daragane."
Une voix molle et menaçante. Ce fut sa première impression.
Daragane voulut raccrocher. Mais à quoi bon ? Les sonneries reprendraient, sans jamais s'interrompre. Et, à moins de couper définitivement le fil du téléphone...
"Lui-même.
- C'est au sujet de votre carnet d'adresses, monsieur."

De cette conversation qui pourrait être anodine, émane une ambiance mystérieuse, digne d'un roman policier, qui nous dirige vers des questionnements multiples que Modiano alimente à chaque page avec brio.

Qui est Daragane ? Un résistant, un trafiquant, un meurtrier ?
Qui est Gilles Ottolini ? Un truand, un journaliste, un maître chanteur ?
Qui est Chantal Grippay ? Qui se cache derrière ce nom d'emprunt ? L'ombre d'un passé que le héros voudrait avoir oublié ?
Qui est Guy Torstel ?

" Il y a quelqu'un dont j'ai trouvé le nom dans votre carnet d'adresses. J'aimerais que vous me donniez des renseignements sur lui..."
Le ton était devenu plus humble.
"Excusez mon indiscrétion...
- De qui s'agit-il ?" demanda Daragane à contrecoeur.
IL éprouvait brusquement le besoin de se lever et de marcher à pas rapides vers la porte ouverte sur le boulevard Haussmann. Et de respirer à l'air libre.
"D'un certain Guy Torstel."
Il avait prononcé le prénom et le nom en articulant bien les syllabes, comme pour éveiller la mémoire assoupie de son interlocuteur.
"Vous dites ?
- Guy Torstel."
Daragane sortit de sa poche le carnet d'adresse et l'ouvrit à la lettre T. Il lut le nom, tout  en haut de la page, mais ce Guy Torstel n'évoquait rien pour lui.

Le téléphone sonne ensuite au début de chaque chapitre comme pour nous aider, nous, lecteurs, à reconstituer en même temps que Daragane, tous les éléments du puzzle de sa vie.

Et vient enfin la vraie question : qui est Annie Astrand ?

Un seul nom provoquait son trouble et avait pour lui l'effet d'un aimant : Annie Astrand. Une voix lointaine captée très tard à la radio et dont vous vous dites qu'elle s'adresse à vous pour vous transmettre un message. Quelqu'un lui avait affirmé un jour que les voix de ceux dont vous avez été proche dans le passé, vous les oubliez très vite. Pourtant, s'il entendait aujourd'hui la voix d'Annie Astrand derrière lui, dans la rue, il était certain qu'il la reconnaîtrait.

Laissez-vous emporter par cette énigme qui se noue au fil des pages, laissez-vous envahir par ce drame qui se rejoue sur le fil de la mémoire. Vous n'aurez pas la réponse à toutes vos questions, mais qu'importe ! Vous y rencontrerez Modiano, le grand Modiano.







vendredi 5 août 2016

J'ai lu pour vous Mes Chemins pour l'école d'Alain Juppé

Mes chemins pour l'école d'Alain Juppé


En 2017, mon pays, La France, votera pour un nouveau président de la République. C'est un moment citoyen très important et il est hors de question pour moi de voter sans savoir, de voter sans comprendre, de voter sans connaître qui est qui ... sur les médias mais aussi entre les lignes...

"L'éducation est la mère des réformes" dit Alain Juppé. J'ai eu envie de mieux comprendre ce qu'il mettait derrière ces mots et j'ai lu son livre.



Mes Chemins pour l'école est un livre de réflexions sur l'éducation qui s'articule autour de différents témoignages :
- les paroles des professeurs
- les paroles de parents
- les libres paroles de Boris Cyrulnick, Yves Quéré, et Alain Bentolila
- les réflexions d'Alain Juppé lui-même

J'avoue que l'introduction m'a séduite. J'étais déjà conquise par le thème : l'éducation, un sujet qui m'est cher et qui est central dans nos vies d'enfants, d'adultes et de parents. J'y ai aussi un peu découvert l'homme Juppé, professeur de lettres classiques à l'origine, comme moi.
L'homme est attachant, intelligent, mais sera-t-il clairvoyant ?
Il faut dire que l'enjeu est de taille !

" D'abord, aider à construire des têtes bien faites. C'est, à mes yeux, la mission prioritaire dont tout le reste découle. Former le jugement, l'esprit critique, apprendre à penser librement, en exerçant sa raison plutôt que son "ubris" - l'excès ou la démesure. Qui ne voit que cette fonction de l'enseignement est plus essentielle que jamais ? Nos enfants, nos ados sont submergés par un flux d'informations continu, plus ou moins importantes, plus ou moins fiables, qu'il faut passer au crible de l'esprit critique ?
Ils vivent et vivront de plus en plus sous la pression de l'instant - action/réaction rapide ou information/réponse immédiate - , bref le contraire de la réflexion. Pourtant nous constatons tous que souvent "la nuit porte conseil" comme dit la sagesse populaire. Moi-même je m'astreins le plus souvent possible à ne pas réagir sous le coup de l'émotion et je constate que ma réponse du lendemain est bien plus juste que celle de la veille. Il faut armer nos enfants intellectuellement, en raison, leur inculquer la capcité de résister à l'immédiateté, à la frénésie, au fanatisme."

Les paroles de professeurs et de parents qui suivent cette introduction m'ont semblé un peu redondantes et j'y ai cherché un peu vainement des idées concrètes et innovantes telles que celles que l'on peut attendre d'un candidat à l'élection présidentielle.
Focus sur le désenchantement des enseignants, sur les classes surchargées, sur les ratés de la formation initiale et continue des professeurs, sur les programmes inadaptés, ...

L'objectif était sans conteste de mettre en avant l'importance de la concertation et du consensus, mais j'aurais aimé y découvrir plus nettement les commentaires personnels du candidat Juppé.

Une formule cependant m'a plu :

" Un professeur de classe préparatoire estime que ce qui est le plus préoccupant c'est le déficit, non de connaissances, mais d'intérêt pour le monde et sa complexité."

Ainsi que les trois mots clés mis en avant : CONTINUITE, LIBERTE, CONFIANCE.

Alain Juppé prône comme d'autres une école bienveillante. " Impliquer l'élève, susciter sa réflexion et son désir de découvrir. Etre bienveillant envers les efforts. Positiver. Encourager. Mieux différencier l'enseignement pour l'adapter à chacun, construire un système d'évaluation qui incite à se corriger sans sanctionner et surtout développer le plaisir d'apprendre."

D'autres pistes sont mises en avant :
- renforcer les passerelles entre les formations
- faire du professeur pas seulement un évaluateur mais un initiateur de projets
- faire l'école dans et hors les murs
- redonner aux professeurs l'autorité pour faire régner la discipline

Après 145 pages de lecture, on a envie de dire, oui, plutôt d'accord... MAIS... comment ???

C'est finalement dans l'entretien de Alain Juppé avec Jérôme Saltet, le co-fondateur de Play-Bac, que l'on trouve quelques vraies propositions :

- la priorité sera accordée au début du cursus scolaire
- un conseil éducatif sera créé dans les établissements afin de développer leur autonomie
- donner plus d'importance à l'expression orale et au travail de groupe
- faire évoluer la formation des enseignants
- développer les Environnements Numériques de Travail
- favoriser un climat de confiance et de rencontre entre parents et enseignants
- centrer les programmes scolaires sur l'essentiel et les rendre plus lisibles, sans jargon excessif
- revaloriser et diversifier le métier d'enseignant grâce à de nouvelles missions dans les établissements
- créer une agence nationale de l'évaluation, de l'innovation et de la performance scolaire.

Vaste programme Monsieur Juppé !

dimanche 26 juin 2016

Pierre Auguste Renoir à Tokyo

RENOIR / ZOLA : de la femme à la muse


L'exposition Renoir qui se tient actuellement à Tokyo est une exposition événement.
Plus de 100 tableaux du musée d'Orsay et du musée de l'Orangerie de Paris, regroupés au National Art Museum de Roppongi. EBLOUISSANT !

L'occasion pour moi de replonger dans la vie de cet illustre peintre français dont j'ai eu la chance de commenter les oeuvres pour le public japonais.
L'occasion aussi de chercher les liens entre la peinture de Renoir et l'écriture de Zola et d'étudier l'image de la femme chez ces deux artistes.

Emile Zola est né le 2 avril 1840 et mort le 29 septembre 1902 à Paris. D'abord journaliste, puis romancier, mais aussi critique d'art, il est resté célèbre pour son engagement dans l'affaire Dreyfus, pour les Rougon-Macquart et pour les soirées de MEDAN dont on peut découvrir l'atmosphère dans la célèbre maison-musée des Yvelines :


Zola et Renoir étaient donc 2 artistes contemporains.
Pierre Auguste Renoir est né le 25 février 1841 à Limoges et mort le 3 décembre 1919 à Cagnes-sur-mer.

Musée Renoir, 06800 Cagnes-sur-Mer


C'est l'ambiance des ces rencontres d'artistes qui animaient les soirées de Médan que l'on retrouve dans le tableau ci-dessous :


Auberge de la mère Anthony, huile sur toile de Renoir, 1866

Le journal posé sur la table est l'Evénement, le journal dans lequel Zola écrivait, notamment pour défendre la peinture de Manet.

L’intérêt de Zola pour la peinture est tel qu’il écrit, en 1866, un roman, L’Œuvre, consacré à la peinture. Il met en scène un peintre nommé Claude Lantier, dont le premier tableau, intitulé Plein air, évoque la composition d’un tableau de Manet, Le Déjeuner sur l’herbe.

C’était une toile de cinq mètres sur trois, entièrement couverte, mais dont quelques morceaux à peine se dégageaient de l’ébauche. Cette ébauche, jetée d’un coup, avait une violence superbe, une ardente vie de couleurs. Dans un trou de forêt, aux murs épais de verdure, tombait une ondée de soleil ; seule, à gauche, une allée sombre s’enfonçait, avec une tache de lumière, très loin. Là, sur l’herbe, au milieu des végétations de juin, une femme nue était couchée, un bras sous la tête, enflant la gorge ; et elle souriait, sans regard, les paupières closes, dans la pluie d’or qui la baignait. Au fond, deux autres petites femmes, une brune, une blonde, également nues, luttaient en riant, détachaient, parmi les verts des feuilles, deux adorables notes de chair. Et, comme au premier plan le peintre avait eu besoin d’une opposition noire, il s’était bonnement satisfait, en y asseyant un monsieur, vêtu d’un simple veston de velours. Ce monsieur tournait le dos, on ne voyait de lui que sa main gauche, sur laquelle il s’appuyait, dans l’herbe.

L’Œuvre, Émile Zola (1866)


Zola préférait d'ailleurs Manet à Renoir. 


"Il paraît que je suis le premier à louer sans restriction1 M. Manet. C’est que je me soucie peu de toutes ces peintures de boudoir, de ces images colorées, de ces misérables toiles où je ne trouve rien de vivant. […] Le tempérament de M. Manet est un tempérament sec, emportant le morceau. Il arrête vivement ses figures, il ne recule pas devant les brusqueries de la nature, il rend dans leur vigueur les différents objets se détachant les uns sur les autres. Tout son être le porte à voir par taches, par morceaux simples et énergiques. On peut dire de lui qu’il se contente de chercher des tons justes et de les juxtaposer ensuite sur une toile. Il arrive que la toile se couvre ainsi d’une peinture solide et forte. Je retrouve dans le tableau un homme qui a la curiosité du vrai et qui tire de lui un monde vivant d’une vie particulière et puissante. Vous savez quel effet produisent les toiles de M. Manet au Salon. Elles crèvent le mur tout simplement. […] Ne regardez plus les tableaux voisins. Regardez les personnes vivantes qui sont dans la salle. Étudiez les oppositions de leurs corps sur le parquet et sur les murs. Puis regardez les toiles de M. Manet : vous verrez que là est la vérité et la puissance. Regardez maintenant les autres toiles, celles qui sourient bêtement autour de vous : vous éclatez de rire, n’est-ce pas ? […] J’ai tâché de rendre à M. Manet la place qui lui appartient, une des premières. On rira peut-être du panégyriste3 comme on a ri du peintre. Un jour, nous serons vengés tous deux. Il y a une vérité éternelle qui me soutient en critique : c’est que les tempéraments seuls dominent les âges. Il est impossible, – impossible entendez-vous – que M. Manet n’ait pas son jour de triomphe, et qu’il n’écrase pas les médiocrités timides qui l’entourent."


Salon de 1866, Manet, Émile Zola (1866)


Chez Renoir, seul le tableau Lise à l'ombrelle trouve grâce aux yeux de Zola.



Lise à l'ombrelle, huile sur toile de Renoir, 1867

"Cette Lise me paraît être la sœur de la Camille de Claude Monet. Elle se présente de face, débouchant d'une allée, balançant son corps souple, attiédi par l'après-midi brûlante. C'est une de nos femmes, une de nos maîtresses plutôt, peinte avec une grande vérité et une recherche heureuse du côté moderne."
Mon Salon - Les Actualistes 1868


Le tableau La balançoire a en revanche attiré ses plus vives critiques, notamment pour la robe dont les noeuds bleus sont jugés comme "des taches dégoulinantes de gras" !

La Balançoire, huile sur toile de Renoir, 1876

C'est pourtant de cette robe que s'inspirera le réalisateur Jean Renoir, l'un des fils du peintre,  pour son film Une partie de Campagne inspirée de la nouvelle de Guy de Maupassant.

Regardez dans l'extrait ci-dessus la robe de la mère de la jeune fille. 
Toutes deux sont tombées sous le charme des canotiers.


Zola et Renoir, malgré leurs divergences et leur vision totalement opposée de la vie, partage la valeur du travail acharné.
Renoir a travaillé sans relâche jusqu'à sa mort, sacrifiant souvent sa vie de famille à sa peinture, et Zola menait parfois des mois d'enquête avant de se lancer dans l'écriture d'un roman. C'est ce qu'il fit par exemple dans l'univers des mineurs pour écrire son célèbre Germinal.

Les deux artistes se sont influencés mutuellement, c'est incontestable...

Lisez plutôt :


Françoise Merlier venait d'avoir dix-huit ans. Elle ne passait pas pour une des belles filles du pays, parce qu'elle était chétive. Jusqu'à quinze ans, elle avait même été laide. on ne pouvait pas comprendre, à Rocreuse, comment la fille du père et de la mère Merlier, tous deux si bien plantés, poussait mal et d'un air de regret. Mais à quinze ans, tout en restant délicate, elle prit une petite figure, la plus jolie du monde. Elle avait des cheveux noirs, des yeux noirs, et elle était toute rose avec ça ; une bouche qui riait toujours, des trous dans les joues, un front clair où il y avait comme une couronne de soleil. Quoique chétive pour le pays, elle n'était pas maigre, loin de là ; on voulait dire simplement qu'elle n'aurait pas pu lever un sac de blé ; mais elle devenait toute potelée avec l'âge, elle devait finir par être ronde et friande comme une caille. Seulement, les longs silences de son père l'avaient rendue raisonnable très jeune. Si elle riait toujours, c'était pour faire plaisir aux autres. Au fond, elle était sérieuse. 
Zola, L'attaque du moulin, 1880

Et regardez :


La liseuse, huile sur toile, 1874

Mais je crois que ce que je préfère c'est la façon dont Zola et Renoir ont su transformer la femme en paysage...

Une page d’amour, Zola – II, 5

A droit, à gauche, les monuments flambaient. Les verrières du palais de l’Industrie, au milieu des futaies des Champs-Elysées, étalaient un lit de tisons ardents ; plus loin, derrière la toiture écrasée de la Madeleine, la masse énorme de l’Opéra semblait un bloc de cuivre ; et les autres édifices, les coupoles et les tours, la colonne Vendôme, Saint-Vincent-de-Paul, la tour Saint-Jacques, plus près les pavillons du nouveau Louvre et des Tuileries, se couronnaient de flammes, dressant à chaque carrefour des bûchers gigantesques. Le dôme des Invalides était en feu, si étincelant, qu’on pouvait craindre à chaque minute de le voir s’effondrer, en couvrant le quartier des flammèches de sa charpente. Au-delà des tours inégales de Saint-Sulpice, le Panthéon se détachait sur le ciel avec un éclat sourd, pareil à un royal palais de l’incendie qui se consumerait en braise. Alors, Paris entier, à mesure que le soleil baissait, s’alluma aux bûchers des monuments. Des lueurs couraient sur les crêtes des toitures, pendant que, dans les vallées, des fumées noires dormaient. Toutes les façades tournées vers le Trocadéro rougissaient, en jetant le pétillement de leurs vitres, une pluie d’étincelles qui montaient de la ville, comme si quelque soufflet eût sans cesse activé cette forge colossale. Des gerbes toujours renaissantes s’échappaient des quartiers voisins, où les rues se creusaient, sombres et cuites. Même, dans les lointains de la plaine, du fond d’une cendre rouge qui ensevelissait les faubourgs détruits et encore chauds, luisaient des fusées perdues, sorties de quelque foyer subitement ravivé. Bientôt ce fut une fournaise. Paris brûla. Le ciel s’était empourpré davantage, les nuages saignaient au-dessus de l’immense cité rouge et or.

Les flammes qui embrasent les toits de Paris reflètent l'amour naissant d'Hélène... c'est beau non ? 

Je retrouve la même délicatesse et le même amour de la femme qui se fond dans le paysage dans le tableau de Renoir :



Regardez les contours des corps féminins... Ce chapeau qui devient paysage... ce coude dont on ne sait plus s'il appartient au corps ou au décor ...

Un dernier détail... 
Si vous allez voir les tableaux de Renoir... à Tokyo, à Paris ou ailleurs... Faites attention aux boucles d'oreille... souvent le signe d'une beauté amoureuse mises en valeur par l'artiste !



mercredi 1 juin 2016

YOKO ONO au Musée d'Art Contemporain de Lyon

Vous avez dit YOKO ONO ? 
La femme de John Lennon ?



Mais qui sait qu'avant d'être la femme DE... Yoko Ono est avant tout une femme, une vraie, "une putain de bonne femme" comme on dit familièrement en Français !

C'est cette personnalité hors norme que vous découvrirez à travers les oeuvres de l'artiste exposées dans une exposition extraordinaire au Musée d'Art Contemporain de Lyon du 9 mars au 10 juillet 2016.




Loin de moi l'idée d'écrire un énième résumé biographique sur Yoko Ono. Le web s'en charge très bien sans moi ! Ce que je souhaite, c'est, à travers quelques photos personnelles, vous donner envie de découvrir cette exposition et de partager avec moi quelques pensées réflexives face à ces oeuvres qui interrogent notre vision du monde...

L'exposition Yoko Ono à Lyon, ce n'est pas une exposition ordinaire, c'est une ambiance, une ouverture sur nos propres visions existentielles.


On navigue entre des portes...


On joue une partie d'échec, comme pour mieux saisir l'adversité du monde...
On monte sur des escabeaux pour changer de point de vue...

On partage aussi le grand combat de Yoko Ono contre la violence faite aux femmes dans le monde...


Un tas de terre...ou la femme victime, réduite en poussière...


J'ai aimé cette exposition, comme beaucoup d'autres au Musée d'Art contemporain de Lyon, car elle nous invite à ouvrir les yeux et à regarder la réalité par un prisme personnel et réfléchi.

Osons passer de l'autre côté du miroir...


OSONS NE PAS OUBLIER la violence, l'horreur, la guerre... OSONS DIRE NON...


J'ai adoré ce salon reconstitué avec des demi-meubles... comme si le message était qu'il ne faut pas vivre sa vie à moitié !

Mais le plus beau, c'est que au sein de l'évocation de la dureté et de la cruauté du monde, l'évocation de la beauté féminine reste très forte : une photo, un objet, une chanson, un bijou... la femme est partout.

Et cette paire de chaussures en bronze ...


Pleurent-elles le vernis de la beauté éphémère ?
Pleurent-elles le sang de toutes les douleurs ?



Le must de ce musée, et de cette exposition, c'est de nous plonger dans une mise en abîme de nous-même, à travers des espaces d'une très grande force, comme cet alignement d'arbres sortis de cercueils de bois neuf... indicible parabole de nos vies.

YOKO ONO BRAVO !