Qui êtes-vous ?

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Difficile de se définir en quelques mots. 
Je pense être une femme de coeur, fidèle à mes convictions et à mes amis, et bien décidée à saisir toutes les opportunités de la vie.

Bienvenue

Chers amis du monde entier,
Bienvenue sur mon Bloc Nat, un espace de découverte et de partage.
J'ai conçu ce blog comme un mille feuille de mes passions, à la fois musée et bibliothèque virtuels et vivants, que j'ai eu le plaisir de partager avec le public japonais lors de mes interventions à l'Institut Français du Japon à Tokyo.
Mon objectif ? Vous communiquer le désir et le plaisir d'apprendre et d'échanger ...au-delà des frontières.

Dear all,
Welcome on my Bloc Nat, a special space for shared discoveries.
I created this blog as a "mille feuille" of my passions, both virtual museum and library during my work at French Institute In Japan, Tokyo. My goal is to inform you of desire and love of learning... beyond borders. Enjoy with me !

mercredi 23 mai 2018

La Chambre des époux d' Eric Reinhardt




CANCER, le mot sonne comme une fin et c’est pourtant le premier mot du roman La Chambre des époux. « Quoi de plus banal qu’un cancer du sein ? » Eric Reinhardt répétant cette phrase souvent entendue, explique en fait l’effondrement de sa vie et de son couple à l’annonce de l’odieuse maladie.
Mais l’écrivain, l’homme, le mari ne veut pas croire à la fatalité et veut se battre pour sa femme, pour toutes les femmes, pour la vie…
Alors, il écrit. Il écrit pour faire plaisir à sa femme qui lui demande de travailler et de se battre en même temps qu’elle… Lui pour finir un roman, elle pour rester en vie et vaincre la maladie. Il écrit pour rendre hommage à la beauté et à la force de toutes les femmes malades.
C’est donc une histoire de couple, une histoire d’amour qui mélange réalité et fiction et parle de l’amour mais aussi de l’adultère, du rêve et de l’inspiration.
Ce roman est un roman étrange, un roman qui dérange, à la fois tendre et cruel, à la fois stylé et très cru.
Le lecteur est happé dans un tourbillon qui l’emporte dans les entrailles de la maladie, de l’amour, de la mort et de l’écriture.
En effet, qui est l’héroïne : Margot ? Mathilde ? Marie ?
Cette mise en abyme littéraire est une belle réflexion sur la vie.

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Son cancer lui a été annoncé, à la suite d’une mammographie en décembre 2006. Comme cette tumeur n’avait pas été détectée six mois plus tôt par le même examen, les médecins ont émis l’hypothèse d’un cancer à évolution rapide. Le délai nécessaire à l’analyse de la ponction a été ce que j’ai vécu de plus douloureux de toute mon existence.

Pendant ces quelques jours, pour échapper à l’angoisse de l’attente, j’allais me réfugier dans mon bureau, où j’écrivais les pages de Cendrillon consacrées à Margot. Le hasard avait voulu que j’en sois là de mon roman quand elle m’avait téléphoné pour m’annoncer qu’elle était malade. Ces mots d’amour qui sortaient du clavier comme des larmes… Ces pages de Cendrillon sont pour moi comme le sortilège qu’éperdu j’ai lancé avec rage au visage du cancer.


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A mes yeux, Marie était la seule personne autour de la table à être en vie. Les autres ne l’étaient pas, les autres étaient tous morts, et ils étaient tous morts de n’avoir pas frôlé la mort, et de n’être pas revenus à la vie, et de n’avoir jamais compris de l’intérieur ce que cela signifiait d’être en vie. Etre revenue à la vie avait fait que Marie était vraiment en vie, vraiment vivante. Non pas seulement en vie mais vivante, c’est-à-dire en vie dans la vie, et pas morte dans sa vie, et pas assoupie dans sa vie, comme le sont en réalité la plupart des gens et ce soir-là, lors de ce dîner, c’était flagrant.

Bonne lecture !

mercredi 11 avril 2018

La mémoire n'en fait qu'à sa tête


Journaliste, animateur à la télévision, bon vivant, écrivain … Les qualificatifs ne manquent pas pour parler de Bernard Pivot qui préside l’Académie Goncourt depuis 2014.
Cet homme aux multiples facettes nous prouve une fois encore son amour de la langue française dans son dernier ouvrage La Mémoire n’en fait qu’à sa tête. Dans ce livre, l’auteur rit de son âge et de sa mémoire parfois défaillante, mais pas tant que ça,  pour évoquer des scènes de son passé, des rencontres qui ont marqué sa vie dans le monde des médias notamment. On découvre tour à tour sa naissance à Lyon et son amour du football, son ascension dans l’univers de la télévision grâce au déjeuner du dimanche si traditionnel en France, son amour des livres et sa haine des gens prétentieux. Mais c’est surtout sa passion pour la langue française qu’il nous fait partager. Pour lui, les mots sont la vie et l’orthographe de la poésie. Il commente ainsi avec humour les 2 L du nom libellule ou les 2 R du mot arrogance ( un R pour mépris, un R pour connerie ! )… nous explique pourquoi l’accent circonflexe est essentiel à la langue française … et nous suggère même d’en mettre un au mot amour car celui-ci est fait de hauts et de bas !

mardi 14 novembre 2017

PERLE de Yujin Koyama



Quand j’ai ouvert ce livre, je ne savais pas du tout ce qui m’attendait. Il faut dire qu’il est très rare que je rencontre un auteur avant d’avoir lu une seule de ses lignes.
Je suis donc entrée dans ce récit sans a priori, sans connaissance, mais avec une curiosité sans limite. LA PERLE, ce titre à la fois beau et mystérieux sonne comme un appel au lecteur, un appel du large. Qu’est-ce qui attend le lecteur que nous sommes ? Un secret ? Un trésor ? Une intimité cachée ? Un souffle sacré ? Une aventure humaine ? Peut-être un peu de tout cela …
Une chose est sûre, c’est que les indications médicales et raisonnées des premières pages laissent vite place à un univers onirique et fantastique dans lequel le lecteur se laisse embarqué, sans jamais savoir réellement où il est, qui est qui, et ce que représente LA PERLE. Ne serions-nous pas nous-mêmes cette perle scintillante et ardente ? La perle, comme un souffle de vie et d’envie qui nous pousse vers nos plus intimes passions et nos plus belles créations.

« Je me souviens que je considérais cette perle comme le trésor que je voulais protéger à tout prix, et que je craignais plus que tout que, dans cette confusion indescriptible, quelqu’un ne me la dérobât. »

Je crois que le passage que je préfère est le suivant, peut-être parce qu’il me rappelle la saveur de Tokyo et que la traduction est de qualité ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

«  Alors que je rentrais chez moi d’un pas léger, je m’éloignai du tumulte de Tokyo en m’enfonçant dans un parc. J’étais entouré de rangées de cerisiers et j’entendais le bruit sourd de mes pas sur l’herbe. Les arbres étaient en pleine floraison, formant de gros paquets de fleurs brillantes dont il me semblait entendre le murmure aux sonorités métalliques, bruissant dans le vent. Mais, il me sembla aussi voir un visage sur la gazon du par cet je sentis un vent froid dans le dos. Alors que j’étais en train de me dire qu’il s’agissait peut-être des signes d’une fièvre du soir, peu après, les tendres fleurs de cerisiers se mirent à voler. Je ressentis autour de moi une pression qui troubla ma vision, me faisant voir une fine peau plissée qui se détachait. Comme si j’enlevais le masque que j’utilisais jusque-là pour m’isoler du monde. J’écarquillai les yeux. Peu de temps avant, l’air qui frôlait mes joues m’avait semblé différent. »




lundi 13 novembre 2017

Histoires pressées de Bernard FRIOT

Pressé comme un citron au travail ? Toujours pressé du matin au soir ? Il faut bien l'avouer, le temps passe toujours trop vite et cela ne s'arrange pas avec les années !
Alors si vous avez besoin d'une petite pause salutaire avec vos enfants ou vos petits enfants, je vous conseille les histoires pressées de Bernard Friot.
Une succession d'histoires courtes, poétiques, et drôles qui peuvent être le point de départ de conversations tout aussi drôles et émouvantes avec qui vous voudrez...


Pour vous faire une idée...

Recette de cuisine
J’ai pu enregistrer, dans le bac à légumes de mon réfrigérateur, une conversation émouvante entre une pomme golden et une pomme de terre.
Voici ce document étonnant :
-       Ah, chère madame, dit la pomme golden à la pomme de terre, il faut que je vous raconte ce qui est arrivée à ma meilleure amie, une pomme de reinette que je connais depuis l’école maternelle. C’est absolument é-pou-van-ta-ble !  Figurez-vous qu’on en a fait de la marmelade ! Deux individus se sont emparés d’elle, un homme tout en blanc et une jeune femme avec un grand tablier bleu. La femme a pris un couteau spécial et elle a déshabillé complètement ma copine. Imaginez un peu : toute nue sur une table de cuisine ! L’homme, lui, l’a découpée en quatre, comme ça, zic zac, en deux coups de couteaux. Et il lui a arraché le cœur avec tous ses pépins.
-       Arrêtez, arrêtez, c’est horrible ! s’écria la pomme de terre en se bouchant, stupidement les yeux.
-       Ce n’est pas fini, poursuivit la pomme golden. Ils ont ajouté un tout petit peu d’eau et, hop ! ils ont allumé le gaz. Au bout de deux minutes, avec la vapeur, c’était pire que dans un sauna.
-       Oh, un sauna, dit la pomme de terre, c’est bon pour la santé.
-       Eh bien, répliqua la pomme golden, je voudrais bien vous y voir ! Au bout de vingt minutes environ, les copines étaient toutes fondues, une vraie bouillie. Alors l’homme a pris une cuillère en bois, il a rajouté 50 grammes de sucre et un peu de cannelle et il a bien remué le tout.
-       Hm,hm, murmura la pomme de terre, ça devait sentir bon !
-       Oh, vous ! vous n’avez pas de cœur ! s’écria, indignée, la pomme golden.
Et elle éclata en sanglots.
-       Vous savez, répondit la pomme de terre, je pourrais vous raconter des choses plus horribles encore. Figurez-vous que mon fiancée a été transformé en purée ! Voilà comment ça s’est passé : un homme est venu le chercher …
Malheureusement, l’enregistrement s’arrête là. Une panne de courant, probablement.


J'adore ! 
Et il existe plusieurs tommes alors, régalez-vous !